19 janvier 2007

Parabole (enfin, je crois)

medium_Tomate_320x200_.jpgImaginons que je sois marchand quatre saisons. J’ai des fruits frais, des légumes, en veux-tu en voilà. La vie est belle, les clients sont satisfaits juste ce qu’il faut, surtout mon association des Joyeux Mangeurs de Tomates, qui vient tous les jours acheter son précieux produit par demi-quintal (joyeux et gourmands, hein !) : tomates de compétition, tomates basiques, tomates cerises, tomates vertes et j’en passe.

Certains clients râlent bien un peu, comme tous ceux de leur espèce, mais cela participe de la bonne marche de notre petit monde, donc tout va bien.

 

Imaginons tout à coup que je ne sois plus capable de mettre autant de tomates qu’avant sur mes étalages. Alors, oui, bien sûr, j’ai encore quelques tomates cerises, pas mal de tomates classiques, mais les tomates de concours, désolé, j’ai du mal. De sombres histoires de production, je vous passe les détails. « La pénurie est mondiale ! », j’explique à mes clients. Les Joyeux Mangeurs de Tomates commencent à me regarder de travers. « Mondiale, mondiale… surtout dans ton magasin, oui ! »

Mais tout va bien. Je leur refile des tomates classiques. Qui viennent aussi à manquer. Alors je vends des tomates de compétition à ceux qui veulent de la classique. Ca devient dur à gérer, mais je m’en sors encore. Les Joyeux Machins me font les gros yeux à chaque fois qu’ils passent le seuil du magasin. Je sers méchamment les fesses en regardant ma caisse enregistreuse. 

Vraiment, je n’ai pas de chance. Juste au moment où un ami me recommande auprès de la Fédération des Gais Gloutonneurs de Pommes d’Amour. Je risque de les décevoir…

Mais ça va tenir. Mes producteurs remontent la pente. 

« Ca va aller mieux, ne vous inquiétez pas ! », je leur dis, à mes Joyeux Machins. Ils ont du mal à me croire. Je commence à avoir des soucis avec les fraises de compétition, aussi. Manque de bol, Georges, le Président des Joyeux Bidules, adôôôôôre les fraises…

  Imaginons que, finalement, mes producteurs ne s’en sortent pas. Je laisse mes mangeurs dans le flou quant au prochain approvisionnement. Ils DETESTENT ça. 

Aujourd’hui, Georges vient de m’annoncer que son association ne viendrait plus acheter ses tomates chez moi. « On verra dans un an », qu’il m’a dit. En attendant, il est parti de l’autre côté de la rue. La devanture de l’autre marchande de quatre saisons est verte. Elle a l’air d’avoir des tomates sans aucun problème.

Je m’en fous. Tout ira bien.

 

Maintenant, imaginons qu'en ce moment, c'est un peu ça, ma vie.

Heureusement que le week-end arrive, oui, je ne le vous fais pas dire [Note à moi-même : écrire plus souvent sur le bloug, ça aère la tête].